*Chαptr o1 - *« Oh non, jamais tu n'aurais dû, jamais. »*© Pr℮mαtur℮xDαthxՁnd_.

*Chαpt℮r o1 - *« Oh non, jamais tu n'aurais dû, jamais. »*© Pr℮mαtur℮xD℮αthxՁnd_.

« Trois heures. L'heure d'aller regarder les étoiles disparaissant qui se découpent sur le ciel indigo.
Je m'avance, borde la rembarde en forge givrée et atteins la fenêtre. J'inspire. Et je me lâche. »

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Dehors, il gelait. Moi, j'étais enfoncée dans le sofa écarlate ; occupée à feuilleter Brume de Stephe n King que j'avais déjà lu une dizaine de fois. Je pensais et repensais à tous ces moments enfantins où je m'amusais avec mon chien Dago, tous ces moments pendant lesquels je me délectais des co nfitures parfumées de mamie, tous ces moments où je tapais contre la porte de la chambre à ma s ½ur, tous ces moments envolés.

Envolés ? Oui, c'est bien ça. Envolés à jamais. Plus jamais je ne les reverrai, plus jamais je ne m'a muserai avec eux. Tous ces moments ne sont plus que souvenirs douloureux et ma souffrance s'a ccroît de jour en jour. Je me souviens de cette fois. C'était un jour de pluie, tout le monde se pres sait dans la rue, et moi, j'attendais ma mère sous les arcades des Champs-Elisées. Elle avait rendez-vous avec le notaire qui allait nous prescrire les informations nécessaires pour la maison qu'on n'aur a finalement jamais achetée. Après une brève dispute pour cause de l'interminable attente que ma mère m'avait faite subir, nous rentrâmes à la maison. Nous remarquâmes que mamie, Sara et Dag o n'étaient pas là.

Nous attendîmes patiemment que papa rentre pour lui faire part de notre inquiétude et lui deman der s'il savait où étaient les absents. Il hocha la tête en signe de négation puis appela la police. Elle n ous promit de les retrouver avant la nuit. Peine perdue. Je ne sais pas combien de temps nous atte ndîmes devant la porte d'entrée à nous morfondre. Il était deux heures du matin lorsque le commi ssaire vint. Je ne compris pas ce qu'il dit. Du moins pas grand-chose. Ce que je saisis était qu'on les avait retrouvés par terre près d'une église ou plus précisément sur son parvis. Mais quand je vis ma mère s'écrouler à terre et le visage de mon père virer au blanc, je compris. Je me mis à pleurer.

Cela me hantait. Ca faisait exactement dix ans aujourd'hui que ma grand-mère, ma s½ur et mon chien étaient décédés. J'avais six ans lorsqu'on les avait retrouvés gisants, les bras en croix, sur le p arvis de l'église St Martin, une nuit de Noël. Ma mère avait mis un an avant de se remettre un peu d e cet effroyable évènement tragique. Mon père avait, certes, mis moins de temps, mais depuis cela, il était insomniaque ce qui lui causait de graves problèmes de santé. J'étais fille unique. Fille unique d epuis dix ans maintenant, et je ne savais toujours pas comment le tiers de ma famille était morte. Cela exerçait une pulsion effrayante sur moi. C'était obsédant. Ou pour tout dire, terrifiant.


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 mars 2009 07:29

Modifié le vendredi 06 mars 2009 08:57

Chαptr oՁ - *« Après la pluie, le beau temps ? Moi, ce n'est pas comme ça que je l'entends. »*© Pr℮mαtur℮xDαthxՁnd_.*

Chαpt℮r oՁ - *« Après la pluie, le beau temps ? Moi, ce n'est pas comme ça que je l'entends. »*© Pr℮mαtur℮xD℮αthxՁnd_.*

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

J'aime les cookies. D'ailleurs, c'est pour ça que ma mère vient de m'en faire. Je les lui ai refusés. Po urquoi ? Bonne question. Mettez-vous à ma place ; ma s½ur, ma grand-mère et mon chien sont f eu et moi ? Je ne suis plus rien. Plus rien qu'un bout d'ado qui erre comme une âme en peine, fem melette dépressive n'ayant plus aucun goût à la vie.

J'attends. J'attends que le temps passe, qu'il vienne puis qu'il fuye. J'attends que la vie se déroule, qu'elle se fraie un passage parmi les années éphémères et douloureuses qui s'écoulent lentement. J e suis vivante. Oui, je le suis. Mais pas vraiment ; partiellement. Je suis vivante extérieurement mais mentalement, je suis neutre, vide. Dans ma tête, c'est l'apocalypse, le néant qui me rongent. Pour moi, le bonheur est devenu passé et le déchet de la mélancolie occupe le présent et l'avenir. L'ave nir ? Qu'est-ce ? Je n'en ai pas.

Ah. Une chose à savoir. Je suis somnambule. Dans mes rêves les plus fous, je saute par la fenêtre de la chambre encore endormie pour une virée nocturne. J'atterris dans le jardinet. Je sens que qu elque chose d'affreux, d'atroce va se passer. Je le sens. J'ai comme un mauvais pressentiment. Il r ègne une atmosphère lugubre dans le potager et des gouttes de sueur froide perlent sur mon fron t. Mes tempes cognent fort, je sens le battement régulier de mon c½ur qui s'accélère et un frisson glacial parcourt mon échine tremblante. Une petite voix dans ma tête me harcèle. Cette petite voix m'incite à avancer, avancer. Encore et encore, toujours plus loin. Jusque devant le portail. Je suis possédée. Possédée, toute entière. Sans que je le veuille, ma main s'appuie sur la poignée fraîche d u portail et ce dernier s'entrouvre. Encore un peu, un tout petit peu. Je passe. Je suis dans la rue. Mes pieds courent les trottoirs glacés, une brusque rafale de vent fait voleter mes longs cheveux p uis je tombe. Je retrouve mes esprits, puis après quelques secondes, me relève. J'avance. Un pas, deux pas, trois puis j'arrive devant un bâtiment. Ce bâtiment avec un toit voûté, orné d'une croix et muni de vitraux. Je m'y allonge, puis j'attends. J'attends quoi ? Je ne sais pas. Mais cette petite voix me dit d'attendre encore et encore. Je ne me sens pas bien. Je veux rentrer. Mais cette force me laisse impuissante face à mes volontés. Je suis possédée. Toujours et encore. Soudain, je vois mamie, Sara et Dago qui sortent du bâtiment religieux et qui me sourient. Ils s'avancent. Je vais à leur rencontre. Mes yeux se ferment, je ne vois rien. Mes paupières sont bouclées. Impuissante, je sens une masse se glisser dans ma paume et mes mains s'abattent sur des formes compactes. L' espèce de massue aussi .. Je m'écroule à terre. Quand je me réveille, mamie, Sara et Dago sont là, par terre, gisants et les bras en croix. Je me rends compte de ce que j'ai fait. Je suis terrifiée. Mes j ambes se dérobent sous moi pour la énième fois.

Il paraît que l'on m'a ramassée inanimée, un jour, sur le parvis de l'église St Martin.


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 mars 2009 08:17

Modifié le vendredi 06 mars 2009 08:59